Une passion argentine

On entre dans ce magasin par hasard! Comme on rentrerait dans le premier bar venu un jour de grande soif.

On y entre parce que les quelques disques éparpillés dans la vitrine nous intriguent.

On y entre parce qu’après 3 semaines à visiter ce pays, il serait bon d’enfin en apprendre un peu plus sur ce fameux tango.

On y entre parce que les danseurs de la Boca, eux, ne nous ont rien appris sur le tango.

Ici c’est Palermo Soho, petit quartier résidentiel de Buenos Aires – idéal pour se relaxer. Les restaurants, bars et magasins y sont légions. Les petites rues sont accueillantes, souvent pavées. Ici, le moindre rayon de soleil vous encourage à partir à l’aventure, à la recherche de petites merveilles inconnues (de vous tout du moins), à la rencontre de nouveaux amis. Dans ce quartier, l’oisiveté parait être la seule activité censée.

Alors on s’y ballade dans ce quartier, et on tombe sur ce magasin. Une merveille on vous dit…. Ici, c’est Miles Discos et le vendeur nous a montré en 30 minutes tout l’amour que le peuple argentin peut porter au tango.

On y rentre à pas de loup, respectueux. On s’approche de ce vendeur, on baragouine en espagnol. Il nous répond en anglais. On demande « expliquez nous le tango! ». Il nous répond « je ne peux pas, mais vous pouvez le vivre… ». On ne sait que répondre sinon qu’on veut le vivre depuis le début.

Il sort de derrière son comptoir, parcours prestement les rayons, les CD filent sous ses doigts. Les noms en A défile, suivi des B, voici les C.. La main s’arrête.. repart… Elle hésite, continue… Voici les noms en E, puis en F… Les G….Elle extirpe un CD, puis deux! Elle repart, ne s’arrête plus, sait où elle va… Voici les P… Rapidement un, puis deux, puis trois CD sont extraits. Et elle repart, elle s’arête au S, retire un CD, un deuxième, repose le premier.

Il se retourne vers nous, et nous dit : « on y va? ».

On se retrouve dans la même position qu’avant, face au comptoir, lui derrière. Prestement, il arrache les plastiques enfermant les CDs. L’écoute commence.

Tout d’abord Carlos Gardel, le plus grand… On écoute, on ne s’attendait pas à ça. C’est intéressant… On n’est pas sûr, mais on réécoutera…

Puis viens Julio Sosa, une vie intense, un grand chanteur, une prestance, on l’aime instantanément…

C’est alors que notre vendeur se fige, le regard est intense.  Maintenant nous dit-il voici le maître. Il monte le son. La musique commence. De toutes les pièces les clients accourent, se demandant ce qui vaut de monter le son.

Les premiers accords résonnent. Astor Piazzola emplit la pièce. On est ému. On aime le tango et c’est promis, on l’aimera longtemps…

Astor  Piazzola – Verano Porteño

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